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maladies transmissibles

1 month ago
by Admin

Maladies transmissibles :

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L'effondrement des systèmes de santé et d'autres systèmes du fait des conflits, les déplacements massifs de population et les catastrophes environnementales et climatiques ont entraîné la réémergence de maladies transmissibles représentant des menaces importantes, accompagnées de nombreuses épidémies dévastatrices. L'orientation stratégique adoptée par l'OMS en vue d’élargir la couverture sanitaire universelle et de renforcer les soins de santé primaires permet d'améliorer la lutte contre les maladies transmissibles et leur prévention, en mettant l'accent sur le renforcement des systèmes, y compris la surveillance, les services de laboratoire et la prestation de services, menant à une meilleure intégration des services aux différents niveaux des soins de santé.

Poliomyélite

La transmission du poliovirus sauvage s’est poursuivie dans les deux pays d’endémie, l’Afghanistan et le Pakistan, avec un total de 33 cas signalés en 2018 (21 en Afghanistan et 12 au Pakistan). Les caractéristiques des cas humains et des échantillons environnementaux positifs indiquent une circulation continue du virus dans les réservoirs connus dans les deux pays. L’accès à l’ensemble des populations (affectées par l’insécurité ou l’interdiction des campagnes de vaccination en Afghanistan), la qualité des campagnes de vaccination dans les réservoirs, les mouvements de population et la sécurité des agents de première ligne constituent les principaux défis à relever. Les réticences croissantes face à la vaccination, souvent liées à la propagation d’informations erronées par les médias traditionnels et sur les réseaux sociaux, compliquent davantage les efforts déployés pour administrer à chaque enfant le vaccin antipoliomyélitique. L’Afghanistan et le Pakistan continuent à mettre en œuvre des plans d’action nationaux d’urgence solides et les centres d’opérations d’urgence demeurent des mécanismes essentiels aux niveaux national et infranational pour la coordination des efforts d’éradication et le suivi de l’exécution de ces plans d’action d’urgence. Un mécanisme robuste de coordination transfrontière a été instauré entre les deux pays.

Le dernier cas de poliomyélite dans le monde dû au poliovirus sauvage de type 2 est survenu en 1999 et l'apparition du cas le plus récent dû au poliovirus sauvage de type 3 remonte au mois de novembre 2012. En septembre 2015, la Commission mondiale pour la certification de l’éradication de la poliomyélite a certifié l’éradication du poliovirus sauvage de type 2.

La flambée de poliovirus circulant dérivé de la souche vaccinale de type 2 (PVDVc2) qui a débuté en 2017 en République arabe syrienne et a provoqué la paralysie de 74 enfants a officiellement été interrompue en 2018. Des flambées concomitantes de PVDVc2 et de poliovirus circulant dérivé d’une souche vaccinale de type 3 (PVDVc3) se sont déclarées en Somalie en 2018. En 2018, on dénombrait 12 cas de paralysie dus au poliovirus circulant dérivé d’une souche vaccinale (PVDVc) (cinq dus au PVDVc2, six au PVDVc3 et un dû à une co-infection à PVDVc2 et à PVDVc3).

La détection des PVDVc en Somalie indique une protection immunitaire très insuffisante de la population, due principalement au grand nombre d’enfants inaccessibles qui vivent dans des zones contrôlées par des groupes armés non étatiques. Un plan de riposte complet est en cours de mise en œuvre en coordination avec les autres pays de la Corne de l’Afrique et les principaux enseignements tirés de cette riposte en cours sont collectés par des équipes régionales pour améliorer la préparation et la riposte face à toute flambée de PVDVc dans d’autres pays à haut risque de la Région.

La vingtième réunion du Comité d’urgence du Règlement sanitaire international (2005) portant sur la propagation internationale du poliovirus, qui s’est tenue le 19 février 2019, a fait valoir l’inquiétude que suscite la progression des cas de poliovirus sauvage de type 1 dans le monde en 2018. Le Comité a convenu à l’unanimité que le risque d’une propagation internationale du poliovirus demeurait une urgence de santé publique de portée internationale et a préconisé une prorogation de trois mois des recommandations temporaires. L'Afghanistan et le Pakistan comptent parmi les États infectés par le poliovirus sauvage de type 1, présentant un risque potentiel de propagation internationale tandis que la Somalie fait partie des États infectés par le PVDVc2 et le PVDVc3, ce qui comporte un risque de propagation internationale.

Malgré les progrès considérables accomplis au niveau mondial et dans la Région, tant que le poliovirus sauvage continuera de circuler en quelque lieu que ce soit, le risque subsistera. Trois pays de la Région, à savoir la République arabe syrienne, la Somalie et le Yémen, sont exposés à un risque très élevé, et trois pays, à savoir l’Iraq, la Libye et le Soudan, sont exposés à un risque élevé. Tous connaissent, à des degrés divers, des situations d’urgence complexes et rencontrent des contraintes d’accès et de sécurité qui entravent les efforts visant à maintenir une immunité élevée parmi les populations et à assurer une surveillance sensible. L’OMS apporte un appui technique et logistique à ces pays pour la mise en œuvre d’activités de vaccination et de surveillance supplémentaires. Toutefois, la pénurie mondiale de vaccin antipoliomyélitique inactivé, identifiée pour la première fois en 2016, s’est poursuivie en 2018, contrariant davantage les pays dans la couverture de l’ensemble des cohortes de naissances par au moins la première dose de ce vaccin.

De manière générale, les indicateurs de performance de la surveillance dans tous les pays de la Région ont été maintenus à un niveau égal ou supérieur aux normes de certification en 2018. En 2018, le système de surveillance de la paralysie flasque aiguë (PFA) a notifié près de 23 000 cas et dans tous les États Membres à l’exception de deux, les indicateurs clés de surveillance étaient conformes aux normes en ce qui concerne les taux de PFA non-poliomyélitique (2 pour 100 000 enfants de moins de 15 ans) et les pourcentages de cas de PFA avec collecte d’échantillons conformes (80 %). Un réseau de 12 laboratoires accrédités par l’OMS vient étayer ce système. Les actions de surveillance environnementale ont continué à se développer en 2018 avec le concours de systèmes existants et croissants en Afghanistan, en Égypte, en République islamique d’Iran, en Jordanie, au Liban, au Pakistan, en République arabe syrienne, en Somalie et au Soudan. Des dispositions ont été prises afin qu’elle soit également élargie à l’Iraq en 2019. La surveillance environnementale fonctionne en tant que détecteur des PVDV essentiel à l’alerte précoce, ces virus demeurant une menace, en particulier dans les pays touchés par des conflits où un nombre important d’enfants n’ont pas accès aux services de vaccination.

En 2018, le programme régional d’éradication de la poliomyélite a continué de soutenir la planification de la préparation et de la riposte au niveau national. Tous les pays de la Région exempts de poliomyélite, hormis le Yémen, ont mené des exercices de simulation d’une flambée de cas. L’équipe régionale a entamé une procédure visant à mettre à jour la méthode utilisée pour ces exercices de simulation à la lumière des enseignements tirés et des meilleures pratiques appliquées dans d’autres régions et par d’autres programmes.

Quatre pays de la Région (Afghanistan, Pakistan, Somalie et Soudan) font partie des 16 pays identifiés au niveau mondial comme prioritaires pour la planification de la transition post-éradication. Quatre autres pays (Iraq, Libye, République arabe syrienne et Yémen) sont considérés comme des priorités régionales pour l’évaluation des fonctions de la lutte antipoliomyélitique qui seront intégrées dans d’autres initiatives existantes et des fonctions qui peuvent être traitées en priorité ou progressivement supprimées. En 2018, les plans de transition pour la Somalie et le Soudan ont été préparés et des consultations ont été organisées. Le calendrier de mise en œuvre de la planification de la transition est perturbé par la flambée de PVDVc en Somalie et par la poursuite de la transmission du poliovirus sauvage de type 1 en Afghanistan et au Pakistan. L’Iraq, la République arabe syrienne et le Yémen devraient commencer les travaux sur les plans de transition en 2019.

La priorité absolue pour 2019 est de mettre un terme à la transmission du poliovirus sauvage en Afghanistan et au Pakistan en soutenant la mise en œuvre des plans nationaux d’action d’urgence par un appui technique, financier et logistique. Un des autres objectifs principaux sera de stopper les flambées actuelles de PVDVc en Somalie et d’augmenter les taux de vaccination afin de prévenir de nouvelles flambées. De plus, dans le cadre de la planification de la transition, les acquis de la lutte contre la poliomyélite seront mis à profit pour renforcer la vaccination systématique dans les pays en transition. Le renforcement de la préparation et de la capacité de riposte dans tous les pays se poursuivra, l'accent étant mis sur l'amélioration des systèmes de surveillance pour assurer une détection précoce et une riposte efficace à toute introduction de poliovirus, ainsi que sur l'appui aux pays en matière de confinement en laboratoire et de préparation à la certification de l'éradication de la poliomyélite.

VIH et hépatite

Fin 2018, le nombre de personnes vivant avec le VIH (PVVIH) dans la Région avait atteint 400 000, 41 000 nouvelles infections par le VIH ayant eu lieu au cours de l'année. Le nombre de décès parmi les PVVIH s’élevait à 15 000, en hausse de 84 % par rapport à 2010.

Les États Membres ont poursuivi leurs efforts pour intensifier le diagnostic et le traitement du VIH. Le nombre de PVVIH recevant un traitement antirétroviral (TAR) a augmenté pour atteindre 82 000. Malgré cela, la couverture globale du TAR reste de 21 %, en raison principalement de la couverture limitée des services de dépistage du VIH, d’un dépistage des cas inefficace, de diagnostics tardifs, du manque de connexion entre les services de traitement et d’un abandon du traitement après la mise en route du TAR. Conformément à la priorité stratégique de la Vision 2023 visant à élargir la couverture sanitaire universelle, l’accent a été placé en 2018 sur l’accroissement de la couverture diagnostique et thérapeutique du VIH. La République islamique d’Iran a reçu un soutien pour mettre en route des plans en vue d’intégrer les services liés au VIH dans les services de réduction des risques pour les utilisateurs de drogues injectables et dans les soins de santé primaires. Le Pakistan a bénéficié d’un appui pour l’organisation de consultations nationales sur l’auto-dépistage et la décentralisation des soins du VIH.

Selon les estimations, 21 millions de personnes ont une infection chronique par le virus de l’hépatite B et 15 millions présentent une infection chronique par le virus de l’hépatite C dans la Région, L’Égypte et le Pakistan supportent plus de 80 % de la charge de morbidité de l’hépatite C. La couverture régionale par la dose de vaccin anti-hépatite B administrée à la naissance était de 33 % en 2018. L’Égypte joue un rôle clé dans l’effort mondial visant à éliminer l’hépatite C, portée par une initiative présidentielle qui prévoit de tester 45 à 52 millions de personnes et d’orienter les personnes séropositives vers un traitement. En 2018, le Pakistan a bénéficié d’un soutien pour l’évaluation de ses capacités en termes de diagnostic de l’hépatite et des articulations entre celles-ci et le traitement, du suivi des programmes, de la collecte et de l’utilisation stratégique d’informations, et de l’intégration des services du VIH, de la tuberculose et de l’hépatite destinés aux populations clés. En outre, une consultation menée avec les points focaux réglementaires en matière d’hépatite et de médicaments au sein des ministères de la Santé et parmi les représentants de la société civile a permis d’envisager les moyens d’atteindre des prix abordables des médicaments et des diagnostics pour les hépatites B et C.

Tuberculose

Selon les estimations, 771 000 personnes ont contracté la tuberculose dans la Région en 2017, soit 8 % de la charge mondiale de la maladie, et 536 185 cas de tuberculose ont été notifiés, ce qui représente un taux de couverture thérapeutique de 68 %. Cinq pays (Afghanistan, Maroc, Pakistan, Somalie et Soudan) supportent 91 % de la charge régionale de morbidité tuberculeuse. La tuberculose pharmacorésistante constitue toujours une crise de santé publique dans le monde entier et la Région. En 2017, on estime que sur l’ensemble des cas notifiés dans la Région, près de 21 000 étaient des cas de tuberculose multirésistante, mais seuls 4353 d’entre eux (21 %) étaient sous traitement. Des taux de guérison de 92 % et de 62 % ont été atteints respectivement pour les cas de tuberculose pharmacosensible et de tuberculose pharmacorésistante, soit les taux les plus élevés par rapport aux autres régions.

La toute première Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la tuberculose s’est tenue le 26 septembre 2018. Dans le cadre des préparatifs de la réunion, six pays à forte charge de morbidité (Afghanistan, Djibouti, Maroc, Pakistan, Somalie et Soudan) ont participé à une consultation régionale.

Un soutien a été apporté à plusieurs pays de la Région (Afghanistan, Jordanie, Liban, Pakistan, République arabe syrienne et Yémen) pour la mise à jour de leurs plans et lignes directrices stratégiques nationaux en matière de tuberculose, de tuberculose infantile et d’infection tuberculeuse latente. Le Pakistan a bénéficié d’un appui pour commencer la mise en œuvre de l’initiative FIND. TREAT.ALL #ENDTB (Trouver. Traiter. Tous) afin d’atteindre les objectifs de la Déclaration politique de la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la tuberculose. Cette initiative est une action menée conjointement par l’OMS, le partenariat Halte à la tuberculose et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (Fonds mondial) pour renforcer les capacités des 13 pays ayant la plus lourde charge de morbidité tuberculeuse.

Des progrès ont été réalisés dans l’amélioration du dépistage et de la prise en charge des cas de la tuberculose multirésistante par la mise en œuvre de GeneXpert, un nouveau test moléculaire permettant de diagnostiquer la résistance à la rifampicine, dans tous les pays de la Région ; plus de la moitié des cas retraités ont été soumis à ce test en 2017. Un examen du programme de lutte antituberculeuse et des missions de soutien du Comité Feu vert régional ont été organisés dans neuf pays (Afghanistan, Djibouti, Jordanie, Liban, Maroc, Pakistan, Somalie, Soudan et Tunisie). En outre, des réunions annuelles du Comité Feu vert régional et du Groupe spécial régional pour les laboratoires se sont tenues pour examiner et accélérer la gestion du programme de lutte contre la tuberculose pharmacorésistante.

Mettre fin à la tuberculose

La dépendance élevée vis-à-vis des financements extérieurs conjuguée au tiers manquant des cas de tuberculose représente un défi majeur pour la Région. À l’heure actuelle, 43 % du budget alloué aux programmes régionaux de lutte antituberculeuse provient de sources internationales et 21 % de sources nationales, ce qui suppose un déficit de financement de 36 %. Par ailleurs, la destruction des systèmes de santé, les importants mouvements de population et l’insécurité ont eu de graves répercussions sur les programmes de lutte antituberculeuse dans les pays confrontés à des situations d’urgence complexes.

L’OMS continue de soutenir les États Membres dans l’élaboration de stratégies et de plans nationaux qui intègrent les engagements pris au titre de la Déclaration politique, et dans la promotion d’une démarche multisectorielle visant à accélérer les efforts pour réaliser les objectifs fixés pour 2022 et mettre un terme à la tuberculose d’ici 2030. En vue d’identifier les cas manquants de tuberculose, l’OMS encourage l’adoption d’une feuille de route pour exploiter pleinement le potentiel des prestataires privés. Les pays reçoivent actuellement un appui dans la transition vers la nouvelle politique de lutte contre la tuberculose pharmacorésistante, dans l’intensification du traitement contre l’infection tuberculeuse latente et dans le lancement d’une nouvelle feuille de route pour mettre un terme à l’épidémie de tuberculose chez l’enfant et l’adolescent.